Intensifier la lutte contre le sida, c’est maintenant

Pour la Journée mondiale contre le sida, le gouvernement a assuré les associations et organismes de son indéfectible mobilisation. Face au risque de voir la tension retombée, les acteurs majeurs de la lutte contre le sida ont fait valoir que les discriminations s’aggravent alors que l’on touche au but de faire cesser la transmission du VIH.

Par la voix de son ministre de la Santé, Xavier Bertrand, le gouvernement répond aux appels à la remobilisation et déclare que la lutte contre le sida est « plus que jamais [sa] priorité ». Egalement signé par Nora Berra, secrétaire d’État à la Santé, le communiqué de Xavier Bertrand rappelle que l’objectif de freiner la propagation de l’infection est toujours d’actualité : « Il reste des défis à relever. (…) Certaines populations restent particulièrement touchées par l’épidémie. Nous ne pouvons l’accepter et c’est tout l’objet du plan de lutte 2010-2014 qui vise notamment à réduire le nombre de personnes infectées ». Aussi, le ministre de la Santé énonce les multiples actions qui sont entreprises.

Tout d’abord, une nouvelle campagne, lancée en décembre par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), vise à encourager les dépistages et banaliser les tests.

Des actions de dépistage ciblé sont déjà programmées avec pour objectif la réalisation de 65 000 tests rapides par an. Contrairement à un test classique où plusieurs jours sont nécessaires pour avoir la réponse, ces tests rapides donnent le résultat en 30 minutes à la personne qui le passe.

Pour le Conseil national du sida (CNS), organe consultatif indépendant, la France doit déployer une action plus ambitieuse pour lutter contre cette maladie, aussi bien sur le plan national qu’international. Il lui appartient de « reconquérir la position de leader mondial de la lutte contre le VIH/sida qu’elle a longtemps occupée » et de se montrer « exemplaire dans sa politique nationale ». Le CNS déplore qu’à l’égard des personnes déclarées séropositives, « des situations d’exclusion et de discrimination perdurent et dans certains cas s’aggravent ».

Aujourd’hui en France, près de 7 000 nouvelles personnes sont infectées par le VIH, chiffre stable depuis plusieurs années qui ne baisse plus et l’estimation du nombre de séropositifs qui s’ignorent est de 50 000 personnes. Aides et One, deux des associations majeures de la lutte contre le sida, avancent que la fin de la transmission du virus du sida est un objectif réaliste à court terme, mais il faut absolument « remobiliser » l’opinion et, en dépit de la crise économique, augmenter les crédits alloués à la lutte contre le sida.

Cet article a été publié le Samedi 3 décembre 2011 à 23 h 23 min et est classé dans actu. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Les commentaires et pings sont fermés.