Contraints, dans un contexte de crise économique, de réaliser des économies, le gouvernement a fait de la lutte contre la fraude l’un de ses principaux chevaux de bataille, c’est ainsi avec une certaine opportunité que vient de s’ouvrir, ce mercredi 16 novembre, le jugement en appel de l’une des plus importantes fraudes à la sécurité sociale jamais mise au jour en France, portant, en effet, sur le détournement de quelques 2 millions d’euros.
Mettant en scène un réseau organisé, dont Selmir Ivanovic serait l’instigateur, cette affaire, déjà jugée en première instance au mois d’avril 2009, revêt un caractère particulièrement important du fait de l’implication de médecins et de l’ampleur du détournement, la fraude prenant ainsi un caractère d’autant plus important, en cette période de crise financière, qui amène le gouvernement à intensifier sa lutte contre toutes les formes de fraude.
Ayant débouché, en première instance, sur des condamnations à cinq ans, pour l’instigateur, et à vingt mois de prison ferme, pour les médecins complices d’escroquerie en bande organisée, le procès en appel et du « réseau yougoslave » constitue aujourd’hui un sujet particulièrement important pour la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris, celle-ci ayant effectivement connu une perte de près de 2 millions d’euros entre 2000 et 2005.
Apportant ainsi un nouveau soutien au gouvernement qui a fait, depuis quelques mois maintenant, de la lutte contre toutes les formes de fraude l’une de ses principales préoccupations dans son plan de lutte anticrise, ce procès en appel devrait ainsi prendre une tournure plus politique, au moment même où les organisations syndicales de professionnels de la santé s’élèvent contre l’idée de sanctionner les médecins complaisants.
